Je suis tannée que la compassion de certaines personnes ne soit offerte qu’à travers des œuvres de fiction, comme la série « Empathie », qui met en scène des âmes vivant une condition de santé mentale, ou d’autres séries du genre. J’observe beaucoup ça autour de moi ; elles sont émues devant la mise en scène, le storytelling qui expose plusieurs personnages marginalisés. La même chose devant les films traitant de la ségrégation raciale ou des victimes juives de la Deuxième Guerre mondiale. Elles s’indignent et elles se rassurent dans l’idée que si elles avaient vécu à cette époque, elles auraient fait partie du bon côté de l’histoire, qu’elles se seraient indignées et les auraient défendues. Elles ne comprennent pas comment « l’humain a pu en arriver là ».
Mais où se trouve cette même empathie dans la vraie vie, le day-to-day life de ces personnes ? Elles votent à droite, des partis qui se foutent des droits et de la dignité de ces mêmes populations. Certaines vont même jusqu’à stigmatiser la pauvreté et auront à leur tour des propos haineux envers les immigrants, les réfugiés et demandeurs d’asile. Elles vont minimiser les actions inhumaines et psychopathiques du bonhomme orange. Elle ne parle jamais de ce qui se passe à Gaza, ni même au Congo, et ose même dire que ce sont des conflits et que c’est « compliqué ».
Si la seule empathie que tu es capable d’avoir, c’est à travers des œuvres de fiction, c’est qu’au final, tu n’en as pas vraiment. Elle est conditionnelle à un lissage cinématographique qui te permet de mettre la Switch à off un mardi soir. Ces personnes ont tendance à ne pas agir devant les injustices que plusieurs subissent parce que ça ne les concerne pas. Ces œuvres fictives sont seulement un divertissement et n’apportent aucune brèche de conscientisation qui permet d’ouvrir leurs esprits.
Des films et documentaires seront sans doute produits sur la réalité actuelle que l’on vit. À travers les écrans du futur, d’autres qui n’auront pas vécu à notre époque s’indigneront des inactions, voire de la haine si facilement répandue. Et j’espère que quelque part, ceux qui contestent aujourd’hui les droits et la dignité des minorités auront l’humilité de comprendre qu’ils ont fait partie du problème.






